L'Autre Gauche

Brest Nouvelle Citoyenneté

 

 

 

6 JUIN 2008

Monsieur le Ministre,

Si les annonces distillées autour du prochain Livre Blanc nous préparent à des mois difficiles (report sine die du second porte-avions, étalement et peut être réduction du nombre de FREMM, deux programmes dans lesquels l’établissement DCNS est impliqué), la fermeture programmée pour cet été des BF («Bâtiments en Fer») pose plus fondamentalement la question du devenir du site industriel naval brestois.

Même si le transfert d’une partie des machines sur le secteur de la Pointe permettra de maintenir une certaine capacité de production, l’abandon de moyens importants d’usinage et de formage obèrera à jamais la capacité du site brestois à fabriquer des navires de premier rang (porte-avions, BPC,…etc).

A l’heure où les Chantiers de l’Atlantique, le seul chantier national autre que Brest capable de mener de tels programmes de construction, risquent de passer sous contrôle coréen, ce parti pris de DCNS de rabaisser son établissement brestois au rang de simple preneur d’ordre dans ses programmes de construction pose très directement la question de l’indépendance de notre pays en matière d’armement naval.

A cette première question qui concerne tous nos concitoyens, s’en ajoute une seconde  qui intéresse plus directement les travailleurs de l’établissement brestois : celle du maintien de son niveau d’activité.

La construction neuve, c’était jusqu’à présent bon an mal an de 20 à 30% du plan de charge de l’arsenal. Sans mise en place d’activités de substitution, on imagine les dégâts économiques et humains que provoquerait l’arrêt définitif de toute activité de construction. 

Certes, l’action résolue des syndicats a permis d’obtenir que Brest –à l’instar de Cherbourg- soit associée à la construction d’anneaux des nouvelles frégates multi missions (FREMM), construction que la direction de DCNS prévoyait initialement de délocaliser à l’étranger. De même, est-il prévu que Brest réalise la fabrication de morceaux des nouveaux sous marins d’attaque Barracudas ? Mais l’étalement déjà annoncé (les FREMM) ou prévisible (Barracudas) de ces programmes pour motif budgétaire conduit d’ores et déjà à douter que cela suffira à boucler le plan de charge.

Que cette réduction de voilure préfigure ou non la fin programmée mais non avouée de la construction neuve à Brest, ce qui est sûr c’est qu’à court terme cela va provoguer un trou dans le plan de charge. Plus que jamais la diversification des activités de l’Arsenal devient une ardente nécessité.

A ce propos, deux voies au moins méritent d’être explorées qui pourraient contribuer à assurer une activité pérenne sur Brest.

·         Le démantèlement des navires militaires en fin de vie

On compte aujourd’hui entre 20 et 30 navires militaires en attente de déconstruction (Clémenceau, Colbert,…), sans parler de tous ceux qui seront désarmés dans les prochaines années (Jeanne d’Arc, Jules Verne, Georges Leygues,….). La présence au Port de Brest du Clémenceau devrait être l’occasion d’expérimenter cette nouvelle activité. Le chantier militaire brestois, d’où sont sortis bon nombre de ces navires, a toutes les compétences, tous les moyens techniques pour la mener à bien et faire du site brestois une référence sociale et environnementale en matière de démantèlement de navires en fin de vie. Même si le nombre, malgré tout limité, de navires militaires déclassés chaque année ne permet pas d’envisager de développer cette activité sur une grande échelle, le démantèlement d’un ou deux navires par an contribuerait utilement à lisser les creux de charge. A cette filière locale  de déconstruction qu’avec nombre d’autres acteurs locaux nous défendons, ne manque aujourd’hui que la volonté gouvernementale pour la faire aboutir.

 ·         la diversification vers des activités civiles et de paix

Voilà dix ans, alors que l’activité de l’Arsenal était au plus bas, Brest se lançait avec le succès technique que l’on sait dans la transformation puis la construction de plates formes off-shore. Aujourd’hui avec un baril de pétrole  durablement au-dessus de la barre des 100 dollars, la prospection pétrolière off-shore devient une activité à nouveau très rentable. N’est-ce pas là une nouvelle occasion pour Brest en s’appuyant sur ses compétences aussi bien civiles que militaire dans le domaine industriel naval, de prendre place sur le marché promis à un bel avenir de la construction et la réparation de ces plates formes ? Cette piste n’est évidemment pas exclusive. D’autres mérites également d’être explorées dont celles se rapportant aux activités liées au développement durable telles que les énergies hydroliennes.

Bien sûr, dans une perspective de consolidation durable d’un secteur naval globalement fragilisé, ces pistes locales de diversification demanderaient à être intégrées dans un plan d’ensemble de développement de l’industrie navale considéré dans toutes ces dimensions, civiles autant que militaires, et de construction comme de réparation.

Monsieur le Ministre, les évolutions en cours au sein de DCNS, comme les déclarations récentes de notre Président à propos du Livre Blanc inquiètent les brestois. Ce courrier qu’à l’Autre Gauche – Brest Nouvelle Citoyenneté, nous avons décidé de vous adresser, se veut l’écho des questions que se posent les travailleurs de l’Arsenal et la population locale quant au devenir à Brest de la construction militaire et plus largement de l’industrie navale.

Monsieur le Ministre, pouvez-vous nous dire si l’Etat a définitivement renoncé à maintenir une activité de construction neuve à Brest ? Si oui, comment entend-il à l’avenir s’y prendre pour construire ses navires de premier rang ? Si non, comment pense t-il y arriver avec un potentiel productif réduit de plus de moitié ?

Alors que l’on entend parler de restrictions budgétaires, quelles assurances pouvez-vous nous apporter quant au maintien du plan de charge ?

Enfin l’Etat est-il prêt à appuyer les initiatives locales en matière de développement et de diversifications des activités navales ?

Provenant d’une population qui a déjà vécu voilà dix ans une grave crise de la Navale, ces interrogations sont plus que légitimes. Les travailleurs et les brestois qui à l’époque se sont levés en masse pour obtenir des garanties d’activité, ne sont pas prêts aujourd’hui à s’en laisser compter. Ce qu’ils attendent ce sont des réponses claires et sans détour aux questions qu’ils vous posent. Monsieur le Ministre, ne les décevez pas !

Patrick Appéré

Porte parole du Mouvement

de l’Autre Gauche – Brest Nouvelle Citoyenneté

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2006

  • Retrait du Contrat Première Embauche

    Le Mouvement et les élus de l’Autre Gauche - Brest Nouvelle Citoyenneté se félicitent du retrait du CPE et du succès qu’ont rencontré les syndicats des lycéens, étudiants et salariés de toutes générations.

    Réunis, nous avons réussi et nous devons continuer tous ensemble pour trouver des solutions et faire des propositions pour régler les problèmes de la précarité, de l’emploi des jeunes et de toutes les catégories de salariés.


    Manifestation pour le retrait du CPE Mardi 28 Mars 2006

    Non, la précarité n’est pas inéluctable. Ensemble refusons l’insécurité sociale généralisée dont rêve le MEDEF. Soyons plus nombreux encore que  le 18 mars à manifester mardi prochain pour exiger le retrait  du CPE, et avec lui du CNE et de tous les contrats de confinement dans la précarité (CDD à répétition, interim, temps partiel contraint…).

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    Pour le maintien d'une télévision régionale

    La nouvelle direction de France Télévision a tranché en faveur d’une centralisation nationale de l’information en retirant de sa grille de programme les 12/14 régionaux, dont l’édition Ouest, considérant que ces derniers concurrençaient le 13 heures de France 2, vitrine infos de cette chaîne.

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    Dissuasion nucléaire

    En engageant la France sur la voie du renforcement de son arsenal nucléaire, arsenal plus flexible, adaptable à différents niveaux de menace, Jacques Chirac, sous prétexte de mieux assurer notre sécurité, reprend à son compte le rôle du pompier pyromane. La menace que cette nouvelle version de notre politique de dissuasion fait désormais potentiellement peser sur les puissances régionales ne peut que les encourager à se doter de l'arme nucléaire, ou si cela est déjà fait, à en multiplier les capacités.

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    A propos de l'entrée de Thalès dans le capital de DCN

    Faute d'ouvrir de réelles perspectives industrielles (sans politique commune de Défense, la consolidation européenne de l'industrie navale militaire reste en grande partie illusoire), le partenariat stratégique (sic) passé entre DCN et Thales apparaît surtout comme une nouvelle manifestation du parti pris idéologique de la Droite de privatiser tous les secteurs rentables de l'économie.

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