Déclaration commune du NPA et du PG
à l'issue de leur
rencontre du 30 juin 2009
La
rencontre des délégations du NPA et du Parti de Gauche
respectivement conduites par Olivier Besancenot et Jean-Luc
Mélenchon qui a eu lieu le 30 juin au siège de ce dernier a donné
lieu à la déclaration commune suivante :
Le NPA
et le Parti de Gauche constatent les ravages provoqués par la crise
globale du système capitaliste, à la fois économique, sociale et
écologique, dans laquelle la politique des classes dirigeantes a
plongé le monde. Ils dénoncent la vague de licenciements qui frappe
de plein fouet le monde du travail et l'offensive de Nicolas
Sarkozy, de la droite et du Medef contre les salariés annoncée lors
du Congrès de Versailles et dont la volonté de retarder l'âge du
départ à la retraite est un élément phare.
Face à
cette offensive pour faire payer les frais de la crise aux classes
populaires, devant l'urgence de la situation, quelques soient par
ailleurs les divergences entre les deux formations, le NPA et le
Parti de Gauche souhaitent œuvrer à la préparation d'une
contre-offensive du monde du travail pour faire valoir ses exigences
au premier rang desquels la garantie d'un emploi, l'augmentation des
salaires mais aussi tout refus de recul de l'âge de la retraite.
Sarkozy
et la droite se prévalent des résultats des élections européennes
pour donner une légitimité leur politique réactionnaire. Pourtant
seul un électeur sur dix a donné son suffrage à l'UMP. Il s'agit en
réalité moins d'une victoire de la droite que de l'incapacité de la
gauche à lui opposer une véritable alternative. En proposant
d'accompagner ce système et en se contentant de remèdes
homéopathiques qui ne le remettent pas en cause, cette gauche
devient du coup inutile aux yeux du plus grand nombre. C'est ce qui
explique la crise profonde des partis de la sociale démocratie en
Europe. L'abstention massive des classes populaires et des jeunes -
phénomène le plus important de ces élections - illustre cruellement
cette tendance de fond. Cette abstention est certes lié au rejet de
l'actuelle construction libérale et anti démocratique de l'Europe.
Mais aussi au fossé de plus en plus grand entre les aspirations
populaires et l'offre de la gauche institutionnelle. Dans une
situation où la crise va s'aggraver, il y a là un risque majeur. On
ne peut que s'inquiéter de la progression de l'extrême droite. Elle
prouve qu'elle peut profiter du désespoir des milieux populaires.
Les
deux partis soulignent également l'ambiguïté du vote Europe Ecologie.
Il reflète une prise de conscience salutaire de la crise écologique.
C'est décisif ! Mais ses porte-paroles en font aussi une stratégie
politique pour dépasser le clivage gauche/droite. Pour nous, on ne
peut ignorer le lien étroit entre la logique prédatrice du
capitalisme et le désastre environnemental.
Ils
s'accordent pour favoriser l'unité la plus grande contre les projets
de la droite et du patronat que ce soit dans le domaine social,
écologique, et des droits et des libertés. Le NPA et le Parti de
Gauche sont ainsi unis actuellement dans la mobilisation contre l'EPR
ou dans le comité national contre la privatisation de La Poste. Mais
ils avancent aussi des propositions d'initiatives sur le terrain de
la lutte contre les licenciements.
Les deux formations estiment aussi indispensable d'unir les forces
de gauche et des écologistes qui rejettent la logique du système
capitaliste aux élections régionales. Il est urgent de rendre plus
crédible une véritable alternative au système.
Les
deux partis constatent que les propositions issues de leurs
instances nationales respectives sont suffisamment proches pour leur
permettre d'avancer dans cette voie unitaire pour les élections
régionales. En conséquence, ils se prononcent au premier tour des
régionales pour un accord national pour les 21 régions hexagonales
sur des listes associant les forces qui composent aujourd'hui le
Front de Gauche comme le PCF et le Parti de Gauche et le NPA, LO,
Alternatifs, Alterekolo et les autres courants qui sont dans la
Fédération, militant-e-s de quartiers ou du mouvement social. Le NPA
les nomme « forces anticapitalistes », et le PG « l'autre gauche ».
Ces listes seraient porteuses des exigences des classes populaires,
d'un programme d'urgence en rupture avec la logique capitaliste et
le productivisme pour les régions. Elles seront autonomes et
indépendantes du PS et des listes de type Europe Ecologie.
Au
second tour, les listes soutenues par le Parti de Gauche et le NPA
se battront pour faire gagner la gauche et empêcher que des régions
basculent à droite. Pour cela, les deux organisations se prononcent
d'ores et déjà pour des fusions « techniques » ou « démocratiques »
des listes de gauche à l'exception de tout accord incluant le Modem.
Pour le
NPA, au sein de l'institution, les élus de ces listes conserveront
leur liberté totale de vote et refuseront d'accepter des mesures et
des budgets défavorables aux travailleurs et à la population.
Il
subsiste évidemment au stade de cette première rencontre des
questions à régler.
Pour le
Parti de Gauche, l'ambition est d'être en situation d'appliquer le
programme de ces listes dans le nombre le plus important possible de
régions. Le plus sûr moyen d'imposer ce rapport de force consiste à
placer ces listes en tête des listes de gauche au soir du premier
tour.
Pour le
NPA, les élus refuseront de contracter des accords de gestion avec
les dirigeants du PS et d'Europe Ecologie. En effet, le NPA constate
que les majorités de gauche ayant géré les régions depuis 6 ans
n'ont pas mené de politique visant à satisfaire les besoins de la
population et à répondre aux exigences écologiques. Elles ont pris
des mesures qui leur étaient défavorables, par exemple des
subventions accordées à des entreprises qui licencient.
A ce
stade, les deux partis estiment que ces différences n'empêchent pas
de poursuivre le processus entamé aujourd'hui. Au contraire, les
deux partis estiment que leur rencontre aujourd'hui contribue à
renforcer une dynamique positive et s'en félicitent. Un
rassemblement aussi ambitieux est possible, il peut changer bien des
choses. Pour le rendre toujours plus crédible, le Parti de Gauche et
le NPA vont poursuivre leurs contacts, et s'invitent d'ores et déjà
à leurs rendez-vous de l'été. Ils proposent également à tous les
partenaires pressentis un groupe de travail commun pour commencer à
avancer sur le contenu de ce que pourrait être le programme d'un tel
rassemblement pour les régionales.
Paris, le 30 juin.
Pour le NPA : Pierre Baton, Olivier Besancenot,
Frédéric Borras, Pierre François Grond, Ingrid Hayes, Guillaume
Liégard, Danielle Obono
Pour le Parti de Gauche : Jean Luc Mélenchon,
Gabriel Amard, Eric Coquerel, François Delapierre, Audrey Galland,
Raquel Garrido, Pascale le Neouannic, Corinne Morel Darleux